Zoom Santé Solidaire : mieux comprendre le TDAH
Une capsule de sensibilisation pour mieux comprendre le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, souvent appelé TDAH : un trouble du neurodéveloppement qui peut impacter l’attention, l’organisation, l’impulsivité, la régulation de l’activité et la vie quotidienne.
La vidéo
Dans cette capsule courte, Les Étincelles 72 proposent un temps de sensibilisation pour mieux comprendre le TDAH, ses différents profils, ses impacts possibles dans le quotidien et l’importance d’un accompagnement adapté, bienveillant et sans jugement.
Comprendre simplement
Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, souvent appelé TDAH, est un trouble du neurodéveloppement. Il peut toucher certaines fonctions exécutives du cerveau, comme la planification, l’organisation, l’attention, la gestion des impulsions ou la régulation de l’activité.
Le TDAH ne se résume pas à “être agité”, “être dans la lune” ou “avoir du mal à se concentrer”. Il peut influencer la manière dont une personne démarre une tâche, la termine, gère le temps, priorise, attend son tour, régule ses émotions ou récupère après un effort mental important.
Chaque personne peut vivre le TDAH différemment. Les difficultés peuvent varier selon l’âge, l’environnement, la fatigue, les exigences scolaires ou professionnelles, le niveau de stress et les stratégies déjà mises en place.
Les différents profils
Le TDAH peut se présenter sous plusieurs formes. Ces profils permettent de mieux décrire les difficultés principales, mais ils ne résument jamais toute la personne.
- Le profil inattentif : la personne peut avoir des difficultés à maintenir son attention, à organiser ses tâches, à suivre des consignes longues, à terminer ce qu’elle commence ou à éviter les oublis.
- Le profil hyperactif-impulsif : la personne peut ressentir une agitation physique ou mentale, parler ou agir rapidement, interrompre, bouger beaucoup ou avoir du mal à attendre.
- Le profil combiné : il associe des difficultés d’attention, d’hyperactivité et d’impulsivité.
Certains profils sont plus visibles que d’autres. Un TDAH avec une forte inattention peut parfois passer inaperçu, notamment lorsque la personne compense beaucoup ou intériorise ses difficultés.
On peut encore entendre le terme “TDA” dans le langage courant. Dans cet article, nous utilisons le terme TDAH, qui désigne le trouble avec ou sans hyperactivité visible.
Ce que le TDAH peut impacter
Le TDAH peut entraîner des difficultés dans plusieurs domaines du quotidien. Ces difficultés ne sont pas liées à un manque d’intelligence, de volonté ou de motivation.
- des difficultés de concentration ;
- des oublis fréquents ;
- des difficultés à organiser les tâches ;
- une tendance à commencer plusieurs choses sans toujours les terminer ;
- des difficultés à gérer le temps ou les priorités ;
- de l’impulsivité ;
- une agitation physique ou mentale ;
- une difficulté à attendre son tour ;
- une fatigue mentale importante ;
- une surcharge face aux consignes longues, aux imprévus ou aux environnements très stimulants.
Ces impacts peuvent se retrouver à l’école, au travail, dans les relations, dans la gestion administrative, dans les activités associatives ou dans l’organisation de la vie quotidienne.
Des difficultés parfois invisibles
Certaines personnes avec un TDAH développent des stratégies pour masquer ou compenser leurs difficultés. Elles peuvent donner l’impression de gérer, alors qu’elles fournissent un effort mental considérable.
Cette compensation peut entraîner de la fatigue, du stress, une perte de confiance, un sentiment d’échec ou une impression de toujours devoir faire plus que les autres pour obtenir le même résultat.
Le TDAH peut aussi s’accompagner d’une grande créativité, d’une énergie forte, d’une capacité à penser autrement, d’une curiosité importante ou d’une forte réactivité dans certaines situations. Mais ces forces ne doivent pas faire oublier les besoins d’adaptation.
Attention aux idées reçues
Le TDAH n’est pas causé par une mauvaise éducation, un manque de discipline ou des problèmes familiaux. Il ne suffit pas de “faire un effort” pour que les difficultés disparaissent.
Dire à une personne avec un TDAH “concentre-toi”, “organise-toi mieux” ou “arrête de bouger” peut renforcer la culpabilité, alors que la difficulté vient justement de la régulation de l’attention, de l’impulsivité ou de l’activité.
Une personne concernée par le TDAH ne doit jamais être réduite à ses oublis, à son agitation, à son retard, à son impulsivité ou à ses difficultés d’organisation.
Questionnaires : à quoi servent-ils vraiment ?
Lorsqu’un TDAH est évoqué, il est fréquent d’entendre parler de questionnaires, d’échelles d’observation ou de grilles à remplir par la personne concernée, les parents, l’école ou l’entourage.
Ces outils peuvent être utiles pour repérer des signes, structurer les observations, comparer les difficultés dans plusieurs lieux de vie et préparer un échange avec un professionnel. Ils peuvent aussi aider à suivre l’évolution des difficultés au fil du temps.
En revanche, un questionnaire ne pose pas un diagnostic à lui seul. Un score élevé peut indiquer qu’il existe des difficultés à explorer, mais il ne permet pas de conclure automatiquement à un TDAH.
Les questionnaires doivent donc être compris comme des outils de repérage, de dialogue et d’orientation. Leur interprétation doit être replacée dans l’histoire de la personne, son contexte, ses difficultés, ses forces, ses compensations et son environnement.
Quelques outils dont on peut entendre parler
Selon l’âge, la situation et le professionnel rencontré, différents outils peuvent être proposés. Ils n’ont pas tous le même rôle et ne concernent pas toujours le même public.
- Les questionnaires parents / école : ils permettent de recueillir des observations dans plusieurs milieux, par exemple à la maison et à l’école.
- Les échelles de type Conners ou SNAP-IV : elles peuvent aider à repérer des signes d’inattention, d’impulsivité ou d’hyperactivité chez l’enfant ou l’adolescent, selon le contexte clinique.
- L’ASRS : c’est un questionnaire de repérage souvent évoqué chez l’adulte. Il peut ouvrir une discussion, mais il ne remplace pas une évaluation clinique.
- Le WISC-V : ce test peut explorer le fonctionnement cognitif chez l’enfant, notamment certains domaines comme le raisonnement, la mémoire ou la vitesse de traitement. Il ne confirme pas à lui seul un TDAH.
- Le bilan neuropsychologique : il peut apporter des informations utiles sur le fonctionnement cognitif, les forces, les difficultés, les compensations ou les diagnostics différentiels. Il n’est cependant pas systématiquement nécessaire pour poser un diagnostic de TDAH.
- Les outils liés à d’autres troubles : certains questionnaires concernent plutôt l’autisme, les troubles anxieux, les troubles du sommeil ou les apprentissages. Il est donc important de ne pas mélanger les outils sans accompagnement professionnel.
Les noms de ces outils sont cités ici à titre informatif. Leur passation, leur interprétation et leur mise en contexte doivent être réalisées par un professionnel compétent.
Diagnostic : pourquoi l’évaluation clinique est indispensable
Le diagnostic du TDAH repose sur une évaluation globale. Il ne s’agit pas seulement de cocher des cases ou de remplir un test. Le professionnel cherche à comprendre l’histoire de la personne, la durée des difficultés, leur intensité, leur retentissement et leur présence dans plusieurs milieux de vie.
Chez l’enfant, les observations des parents, de l’école, des professionnels de santé ou des personnes qui accompagnent l’enfant sont précieuses. Elles permettent de mieux comprendre ce qui se passe au quotidien, dans des contextes différents.
Pour autant, ces observations ne remplacent pas l’évaluation médicale. Elles doivent être entendues, prises au sérieux et discutées avec un professionnel formé, afin d’éviter les erreurs d’orientation ou les conclusions trop rapides.
En France, le diagnostic peut être posé par un médecin formé au TDAH. Les psychologues, neuropsychologues, orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes ou autres professionnels peuvent contribuer à l’évaluation et à l’accompagnement, selon les besoins.
Écarter d’autres causes possibles
Certaines difficultés peuvent ressembler à un TDAH sans être causées par un TDAH. C’est pourquoi le diagnostic différentiel est important, surtout chez l’enfant.
Des difficultés d’attention, d’agitation, d’impulsivité, de fatigue ou de concentration peuvent aussi être liées à d’autres facteurs, par exemple :
- un trouble du sommeil ;
- de l’anxiété ou une souffrance psychique ;
- un trouble des apprentissages ;
- un trouble du spectre de l’autisme ;
- une épilepsie ou une autre situation neurologique ;
- des difficultés sensorielles, visuelles ou auditives ;
- un contexte de stress, de harcèlement, de traumatisme ou d’épuisement ;
- d’autres troubles associés ou comorbidités.
Selon les signes observés, certains bilans complémentaires peuvent être utiles : bilan orthophonique, psychomoteur, ergothérapique, ophtalmologique, ORL, neurologique, évaluation du sommeil ou autre exploration ciblée. Ils ne sont pas tous systématiques : ils dépendent de la situation et des points d’appel repérés.
Auto-questionnement, auto-repérage et auto-diagnostic
Beaucoup de personnes commencent par se reconnaître dans un témoignage, une vidéo, un article ou un questionnaire en ligne. Ce questionnement peut être une première étape importante : il peut permettre de mettre des mots sur des difficultés anciennes, de sortir de la culpabilité et de demander de l’aide.
Mais il est important de distinguer l’auto-repérage du diagnostic. Se dire “je me reconnais dans ces signes” peut aider à ouvrir une discussion. Se dire “j’ai forcément un TDAH” uniquement à partir d’un contenu en ligne peut conduire à passer à côté d’une autre difficulté ou d’un besoin d’accompagnement différent.
Chez l’enfant, la prudence est encore plus importante. Un questionnaire en ligne ne doit pas remplacer une consultation, ni conduire les parents, l’école ou l’entourage à poser eux-mêmes une étiquette définitive.
Chez l’adulte, l’auto-repérage peut aussi être une porte d’entrée vers un parcours de diagnostic. Beaucoup de personnes ont longtemps compensé leurs difficultés, parfois pendant des années, avant de comprendre qu’un trouble du neurodéveloppement pouvait être en jeu.
Le rôle essentiel des parents et de l’entourage
Les parents, les proches et les personnes qui accompagnent au quotidien remarquent parfois des choses qui ne sont pas visibles en consultation. Leur vécu, leurs observations et leur intuition doivent être écoutés.
Certains enfants compensent beaucoup à l’école puis s’effondrent à la maison. D’autres semblent seulement “rêveurs”, “fatigués”, “opposants” ou “désorganisés”, alors qu’ils vivent une réelle difficulté d’attention, d’impulsivité ou de régulation.
L’objectif n’est donc pas d’opposer les parents aux professionnels, ni les questionnaires à la clinique. L’objectif est de croiser les regards : celui de l’enfant ou de l’adulte concerné, celui des proches, celui de l’école et celui des professionnels formés.
Plus les informations sont partagées avec précision, plus l’orientation peut être adaptée.
TDAH, TSA et troubles associés
Le TDAH peut être associé à d’autres troubles du neurodéveloppement, comme les troubles dys, les troubles de la coordination ou le trouble du spectre de l’autisme. Il peut aussi coexister avec de l’anxiété, des troubles du sommeil ou d’autres difficultés.
Certaines personnes utilisent le terme anglo-saxon “AuDHD” pour parler d’une coexistence entre autisme et TDAH. En France, ce terme n’est pas un diagnostic officiel : on parlera plutôt de troubles associés ou de diagnostics associés, selon l’évaluation clinique.
Cette coexistence possible explique pourquoi l’évaluation doit rester globale. Un trouble peut en cacher un autre, ou certains signes peuvent être interprétés trop vite sous un seul angle.
Stratégies et aménagements possibles
Les besoins varient selon les personnes. Certaines adaptations peuvent aider à réduire la surcharge, améliorer l’organisation et soutenir l’autonomie.
- fractionner les tâches longues en étapes plus courtes ;
- utiliser des rappels visuels, alarmes, listes ou plannings ;
- prévoir des consignes claires, simples et hiérarchisées ;
- réduire les distractions lorsque c’est possible ;
- autoriser des pauses ou des moments de mouvement ;
- adapter les délais ou les modalités d’évaluation selon les besoins ;
- favoriser une routine stable tout en anticipant les changements ;
- encourager sans humilier, comparer ou culpabiliser ;
- valoriser les efforts, même lorsque le résultat n’est pas parfait ;
- mettre en place des aménagements scolaires, professionnels ou associatifs quand ils sont nécessaires.
Ces adaptations ne sont pas des privilèges. Elles permettent de rendre l’environnement plus accessible et de mieux tenir compte du fonctionnement de la personne.
Pourquoi sensibiliser ?
Parce que le TDAH reste encore souvent mal compris. Beaucoup de personnes concernées entendent qu’elles sont “trop”, “pas assez concentrées”, “désorganisées”, “dans la lune” ou “incapables de faire des efforts”.
Ces jugements peuvent avoir un impact important sur l’estime de soi, la santé mentale, le parcours scolaire, professionnel ou social.
Chez Les Étincelles 72, nous souhaitons contribuer à une meilleure compréhension des troubles du neurodéveloppement, des handicaps invisibles et des besoins d’adaptation, avec une approche accessible, bienveillante et inclusive.
Les points à retenir
- Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement.
- Il peut toucher l’attention, l’organisation, l’impulsivité et la régulation de l’activité.
- Il existe plusieurs profils : inattentif, hyperactif-impulsif ou combiné.
- Le TDAH n’est pas causé par une mauvaise éducation ou un manque de volonté.
- Les questionnaires sont des outils de repérage, pas des diagnostics.
- Chez l’enfant, il est important de ne pas conclure seul à partir d’un test en ligne.
- Les observations des parents, de l’école et de l’entourage sont précieuses.
- Le diagnostic doit être posé par un professionnel formé, après une évaluation globale.
- Il faut aussi rechercher d’autres causes possibles ou des troubles associés.
- Des stratégies, des aménagements et un accompagnement adapté peuvent aider.
Notre message
Mieux comprendre le TDAH, c’est mieux reconnaître les efforts parfois invisibles des personnes concernées et éviter les jugements rapides.
Se poser des questions est légitime. Remplir un questionnaire peut aider à mettre des mots sur une difficulté. Mais un questionnaire ne doit pas devenir une conclusion définitive, surtout chez l’enfant.
L’enjeu est de transformer le doute en démarche constructive : observer, noter les difficultés, écouter les parents et les personnes concernées, puis orienter vers des professionnels compétents.
À travers nos Zooms Santé Solidaires, nous voulons ouvrir la discussion, sensibiliser et encourager une société plus attentive aux troubles du neurodéveloppement, aux handicaps invisibles et aux réalités vécues par chacun.
À savoir
Cette vidéo et cet article ont une visée de sensibilisation. Ils ne remplacent pas un avis médical, un diagnostic ou un accompagnement par un professionnel de santé.
Les Étincelles 72 ne posent pas de diagnostic. L’association informe, sensibilise, écoute et oriente. En cas de difficultés d’attention, d’impulsivité, d’agitation, de souffrance psychique, de difficultés scolaires, professionnelles ou de doute sur une situation personnelle, il est important de consulter un médecin ou un professionnel formé au TDAH.
Si une personne exprime des idées suicidaires, parle de se faire du mal ou semble en danger immédiat, ne la laissez pas seule. En France, vous pouvez contacter le 3114, numéro national de prévention du suicide, disponible gratuitement 24h/24 et 7j/7. En cas d’urgence immédiate, appelez le 15, le 112 ou rendez-vous aux urgences.
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